Paradoxes (des jardins thérapeutiques)

Paradoxes :

Certains d’entre eux font (ou feront) l’objet d’une page spécifique, pour mieux tenter de les résoudre, de les surmonter ou de les aplanir. Par exemple :  Un jardin… collectif ou privé ?

Quelques autres seront évoqués ici, rapidement car on les retrouvera de manière plus concrète dans les pages consacrées aux recommandations (une partie d’entre elles ont précisément pour objectif d’empêcher ces paradoxes de nous bloquer) :

Redire, d’abord, que tout jardin est un paradoxe en ce qu’il est élément de nature et construction humaine. A la lisière du naturel et du culturel.

(Cela dit, profitons-en, les lisières, les frontières, sont précisément les milieux naturels les plus riches, puisqu’ils accueillent ou voient se fréquenter des êtres qui ne sortent jamais plus loin qu’à la lisière de leur milieu de prédilection…)

paradoxes - img 1
Escher

Un paradoxe que nous ne cesserons de retrouver, y compris dans notre prendre-soin du jardin, dans nos pratiques d’entretien : comment prendre soin de lui sans détruire sa capacité à prendre soin de lui ? (Mais ce questionnement-là ne concernerait-il que le prendre-soin des jardins ?)

Paradoxes aussi (ou demandes contradictoires), incontournables en ce domaine :

Comment conduire un jardin collectif, qui plaise au plus grand nombre, tout en créant un lieu qui plaise à chacun et où chaque usager se sente « en son jardin » ?

Comment conduire un jardin cohérent alors que sa cohérence, s’il reflète bien les goûts et désirs différents de nombreuses personnes, sera d’être panaché, bigarré, incohérent ?

Comment conduire des jardins sûrs, accessibles, compréhensibles, tout en conservant la part de mystères, de dangers, de défis, qui rendent un jardin attirant ?

Comment conduire des jardins utiles, supports de très nombreuses activités, notamment thérapeutiques, sans que la dimension utilitaire finisse par altérer les dimensions esthétique, ludique, hédonique, etc. ?

paradoxes - img 2

Comment conduire des jardins de liberté, d’intimité et d’autonomie dans une culture dominante (et donc souvent dans des établissements qui en sont le reflet) particulièrement attachée à la sécurité, la surveillance et l’obéissance ?

Comment conduire des jardins, sans nuisances ni pollutions, qui soient « beaux et propres » aux yeux de personnes (usagers, visiteurs, etc.) dont la représentation du « beau et propre » (par ex. pelouses rases et immaculées, rosiers dépuceronnés, massifs délimacisés, etc.) implique d’importantes nuisances et pollutions ?

Plus globalement : comment conduire des jardins écologiques et séduisants alors que la majorité des jardins classiquement séduisants sont écologiquement catastrophiques ?

La liste est ouverte…

paradoxes - img

Le jardin de Claude Monet, à Giverny. Un exemple de jardin écologiquement catastrophique – dans cette partie-là en effet, où l’objectif est la floraison permanente, la quasi totalité des végétaux sont amenés en fleurs, mis dans le sol puis, dès qu’ils défleurissent, changés (et jetés). Ainsi, sans arrêt, plusieurs fois par saison. Leur extrême fragilité induisant de surcroît des masses de traitements et d’engrais, de l’eau à foison, etc.

 

Aller à : Un jardin collectif… ou privé ?

Retour à : Préalables… et paradoxe s

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *