Ecopsychologie et jardinage – 2

Ecopsychologie et jardinage (2) :

Aux croisements de la psychologie et du jardinage, de nombreuses pistes de questionnements, de réflexions.

Le jardin rêvé de l’un…

Certaines portent sur les représentations que chacun d’entre nous se fait du jardin (et de la nature). Des représentations qui vont évidemment influer fortement sur la manière dont chacun va aimer, concevoir, conduire, un jardin. Certains jardins (très « à la française ») témoignent ainsi de la volonté d’une nature maîtrisée, encadrée, dominée. D’autres à l’inverse se font miroir du désir d’une nature la plus libre possible, où l’on intervient à peine… Beaucoup de jardins se situent entre ces deux positions – mais la culture dans laquelle nous sommes en fait pencher bien plus du premier côté. Au-delà de ses jardiniers, les jardins révèlent aussi l’attitude d’une culture, d’une civilisation, envers la nature et ces petites îles individuelles de nature que sont les jardins.

Le jardin rêvé de l’autre…

Ecopsychologie et jardinage : autres réflexions autour des pratiques de jardinage, des manières de conduire ou de vivre le jardin. Certaines découlent de ce que nous venons d’évoquer (nature plus ou moins maîtrisée), d’autres interrogent aussi le jardinage en lien avec nos caractères, nos besoins d’être actifs ou contemplatifs, etc. Si le jardin est source de bien-être pour tant de gens, c’est qu’il leur permet aussi d’y donner libre cours à des besoins (ils portent des noms « pathologisants » bien qu’ils soient, jusqu’à une certaine limite, tout à fait normaux : besoins d’être obsessionnels dans ce désherbage, d’être maniaque dans la taille de cette haie, d’être en action permanente au jardin, de surtout s’y asseoir pour y méditer, etc.).

 

Le jardin rêvé d’un troisième (l’image provient-elle d’un site intitulé « Comment rater un jardin zen ?  » A votre avis…)

Mais certaines de ces attitudes sont-elles réellement des besoins du jardinier ou des réflexes liées à sa culture ?

Qu’est-ce qui fait qu’un jardinier ou qu’un visiteur du jardin va trouver que « ça fait propre », ou que « ça fait sale » ou « mal entretenu » ? De telles questions joueront un grand rôle aussi quant aux jardins thérapeutiques et à leur inscription au sein d’établissements qui se doivent de « donner une bonne image ». Car si le jardin paraît négligé, c’est l’institution (et ses pratiques soignantes) qui sera suspectée de l’être…

(D’où, par exemple, le choix, dont on parle ici, de concevoir et conduire le jardin en différentes zones, avec des pratiques d’entretien différentes, permettant d’aller du plus « classique », près des bâtiments, au plus sauvage…)

Qu’est-ce qui conduit telle personne à voir dans cette herbe non plantée une « indésirable », dans cet animal inconnu un « nuisible » potentiel ? Comment penser (et modifier !) certains réflexes : arracher cette plante (parce qu’on ne la reconnaît pas, parce qu’elle n’est pas là parce qu’on l’y a mise, etc.), écraser cet insecte ?

Réfléchir aussi à nos croyances, nos (vraies ou fausses) certitudes, nos idées (souvent) reçues : pourquoi croyons-nous qu’un sol nu épuise moins ses ressources qu’un sol planté ? D’où pensons-nous que c’est le sol qui nourrit ce qui y pousse alors que c’est d’abord ce qui y pousse qui nourrit le sol ? D’où vient qu’une pelouse type « green de golf » nous paraît plus saine qu’un talus sauvage alors qu’elle est extrêmement fragile et ne se maintient qu’avec une forme de transfusion permanente de produits divers et variés ?

 

Ecopsychologie et jardinage - img

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