Prendre soin du jardin : les pratiques d’entretien (éco-jardinage)

Prendre soin du jardin : les pratiques d’entretien (écojardinage, permaculture, etc.)

Rappel : ces recommandations sont des exemples ou illustrations ; ne sont pas des recettes ; ne sont pas exhaustives ; ne sont pas forcément les plus essentielles ; ne sont pas ajustées à la situation particulière qui vous amène ici ; ne remplacent pas celles qui naîtront par travail commun de professionnels et des usagers… Donc : prudence !

Les recommandations concernant les pratiques d’entretien que nous allons évoquer ici ont, comme les autres, toujours pour objectif de conforter les liens entre le prendre-soin du jardin et le prendre-soin de ses usagers, d’envisager surtout ce qui permet, en prenant soin du jardin, de prendre soin de soi, de prendre soin des autres, de prendre soin des liens entre soi, les autres et le jardin.

Point fondamental pour nos jardins thérapeutiques, il apparaît que les pratiques les plus respectueuses du jardin (de ses habitants, des ressources, etc.), que l’on retrouve dans l’écojardinage, la permaculture, etc., sont aussi les plus susceptibles de créer ou d’accompagner des observations, des réflexions, des activités attirantes, amusantes, signifiantes. Elles permettent de profiter pleinement du jardin, d’en faire vraiment un lieu de vie, aussi bien pour la communauté que pour le corps, pour les sens, pour l’esprit… de chacun des individus.

Les pratiques d’entretien dépendent évidemment de la manière dont le jardin a été conçu et réalisé.

Un jardin thérapeutique mal conçu témoigne notamment d’une absence de réflexion et de travail sur :
– l’écojardinage (c’est donc un jardin polluant, couteux à entretenir, provoquant pas mal de gâchis, de déchets, etc.) ;
– l’autonomie des usagers (c’est donc un jardin que les usagers ne pourront quasiment pas ou pas du tout conduire, entretenir, soigner, etc.).

Les jardins thérapeutiques mal conçus sont donc à la fois exigeants, lourds économiquement… et sous-utilisés. Bref, exactement ce qui conduit les personnes qui ne connaissent qu’eux à penser que les jardins thérapeutiques constituent plus une charge qu’un bénéfice pour un établissement !

Pratiques et activités

On ne peut pas parler de tout en même temps : nous séparons donc ici les pratiques d’entretien du jardin des activités, notamment thérapeutiques, qui utilisent le jardinage. Mais il est clair que toutes les activités d’entretien du jardin peuvent, si elles sont ajustées, si elles sont réalisées parfois non par les usagers eux-mêmes mais par des personnes avec lesquelles existent de réelles relations et échanges, s’inscrire dans les démarches thérapeutiques. Elles seront même souvent parmi leurs supports les plus précieux.

Autonomie

Essayer de réutiliser dans le jardin tout ce qui provient du jardin. Par exemple :

  • Ce qui provient des élagages (sous forme de broyats en particulier), des tailles de haies, des tontes de pelouse (si on ne peut les laisser sur place), de même que les feuilles mortes (idem), est utilisé surtout pour couvrir le sol et nourrir ce et ceux qui y vivent.
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mulch
  • Certains éléments peuvent être utilisés pour des objets ou des constructions (branchages, chaumes des bambous…), d’autres sont précieux pour les animaux (nourriture, litière…).
  • Parmi les activités horticoles, privilégier celles qui multiplient les plantes qu’on aime : semis, boutures, divisions… Parmi plusieurs avantages : pouvoir échanger des graines ou des plantes avec d’autres jardiniers (du quartier, de la famille de certains usagers…)… Rappelons que favoriser l’autonomie ne signifie pas en effet vivre en autarcie. Tout ce qui nourrit les échanges entre le jardin, ses jardiniers, et les autres jardins et jardiniers, est bon à promouvoir.
Arrosages

Rappelons que, quand une plante est installée, les arrosages ont surtout pour effet de la fragiliser, notamment parce qu’ils l’empêchent de construire un système racinaire étendu et profond, nécessaire pour bien s’ancrer et surtout pour bien se nourrir.

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Ils sont indispensables l’année de la plantation mais il faut ensuite les limiter au maximum.

[A Paris, pour que les tramways puissent rouler sur ces pelouses bien vertes, on estime la dépense d’eau annuelle à environ 3000 litres par m2.]

 

Parmi les recommandations, outre celles liées aux plantations et aux choix de végétaux capables de supporter le climat dans lequel ils vivent sans apport d’eau (sauf périodes exceptionnelles), une importante : favoriser l’arrosage par les usagers plutôt que par des dispositifs automatiques.

Sol

Le sol n’est pas qu’un support : c’est un milieu complexe abritant de très nombreux organismes (bactéries, champignons, acariens, insectes, vers de terre…) qui, notamment, fournissent aux plantes le nécessaire pour vivre, se développer et apporter en retour à ces organismes les matières nécessaires à leur existence. Pour le dire autrement : (ce qui existe dans) le sol fait vivre les plantes qui font vivre (ce qui vit dans) le sol qui… (Sur ce sujet, voir déjà le passionnant http://jardinonssolvivant.fr…).

D’où quelques recommandations :

  • Ne laisser jamais un sol nu (plantations mais aussi paillis, mulch, etc.)
  • Ne pas labourer le sol…
  • Ne désherber que pour mettre autre chose à la place.
  • Faire travailler les plantes…
Pelouses et tontes

Proposer une réflexion sur la nécessité d’avoir dans tout le jardin une pelouse « classique ». Garder un endroit, si c’est important pour les usagers, pour une pelouse « classique », en général très près du bâtiment, de sa terrasse…

Ailleurs, favoriser différentes alternatives et pratiques. Notamment :

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  • Essayer des couvre-sols plus variés et résistants.
  • Envisager des tontes différenciées…
  • Semer d’autres plantes dans les pelouses afin d’en diversifier l’apparence et l’entretien, de les rendre plus fleuries, plus vertes même sans arrosage, etc.
  • Essayer les fauches jardinées.
  • Casser la monotonie des pelouses en proposant des zones de fauchage tardif…
  • Transformer certaines zones de pelouse en prairies « naturelles » ou fleuries.
Tailles

Engager une réflexion sur la nécessité de maintenir les arbustes, les haies ou les massifs ronds ou carrés, ou taillés pour que le dessus soit toujours parfaitement plat, sans une branche qui dépasse…

Attirer l’attention notamment sur tout ce dont ces tailles nous privent : floraisons, parfums, fructifications, fréquentation animale…

Des zones en fonction de l’entretien

Au-delà des préférences des uns ou des autres, et des recommandations particulières, on aura souvent intérêt à ne pas vouloir que tout le jardin obéisse aux mêmes interventions, soit entretenu de la même manière.

On peut ainsi, en fonction du contexte, imaginer et délimiter plusieurs zones , en établissant pour chacune d’elles un cahier des charges spécifique : nombre et hauteur des tontes, nombre et formes des tailles, fréquence des désherbages…

Avec, par exemple quatre zones, on peut aller du particulièrement soignée (devant la terrasse et autour de l’entrée du bâtiment), avec des tontes et tailles classiques, jusqu’à une zone quasi sauvage (idéale pour des activités d’observation et pour certaines dispositifs propices à la vie animale) en passant par deux zones intermédiaires, l’une jardinée, avec par exemple de grands massifs plus libres, l’autre semi-naturelle, avec juste un chemin au milieu d’une atmosphère de sous-bois ou de prairie fleurie. Là, à l’automne, les feuilles mortes restent évidemment sous leurs arbres !

Divers [ pratiques d’entretien ]

Favoriser les pratiques ou les manières de pratiquer permettant de diminuer les pollutions et nuisances, notamment chimiques, sonores et olfactives, qui constituent aujourd’hui un réel problème causé par certaines manières d’entretenir les jardins.

Outre le non-usage des pesticides (dont nous avons déjà parlé), cela passe par le fait de privilégier des éléments naturels pour enrichir le sol, pour lutter contre certaines maladies et d’utiliser des outils et des matériels moins polluants : outils électriques notamment, mais également outils classiques et adaptés, tel le râteau à feuilles !

Une fois encore : il vaut mieux un endroit lentement ratissé par des jardiniers-usagers qui prennent plaisir à le faire (et entretiennent ainsi tout un tas de fonctions corporelles et psychiques) qu’abimé par des professionnels et leurs souffleurs de feuille obligeant les jardiniers à rester enfermés, assis, impuissants, et dérangés par le bruit.

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